Le titre évoque le chinar — mot d’origine persane qui désigne, du Caucase à la Perse jusqu’au Cachemire, le platane d’Orient (Platanus orientalis). C’est un arbre à l’écorce mouchetée, aux larges feuilles palmées, à la silhouette haute et droite, planté depuis des siècles dans les jardins persans, ottomans et moghols comme symbole de longévité et de noblesse — cousin lointain de nos platanes de places de village.
Le texte
Le poème compare l’être aimé à ce platane élancé : on lui demande de ne pas courber la tête, de ne pas s’éloigner, de ne pas oublier — un chant de fidélité et d’admiration, porté par le refrain tendre yar, yar, yar (« mon amour, mon amour »), typique des chants populaires arméniens.
Komitas est mort en 1935 à Paris, après avoir survécu au génocide arménien de 1915, dont les traumatismes ont brisé sa santé. Ses mélodies, portées aujourd’hui par le monde entier, restent un témoignage vivant de la culture qu’il a consacré sa vie à préserver.