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ARBEAU – Pavane

La Pavane de Thoinot Arbeau — Belle qui tiens ma vie

Belle qui tiens ma vie est une chanson d’amour courtois à quatre voix composée à la fin du XVIe siècle par Thoinot Arbeau — pseudonyme du chanoine bourguignon Jehan Tabourot — et publiée en 1589 dans son célèbre traité de danse, l’Orchésographie.

La pavane est une danse de cour lente et solennelle, très en vogue à la Renaissance dans toute l’Europe. On la dansait en procession, par couples, dans les grandes salles des palais et châteaux. Son rythme caractéristique donné par le tambourin — longue, brève, brève — lui donne ce balancement majestueux qu’on reconnaît immédiatement.

Les paroles parlent d’un amant transi qui supplie sa bien-aimée :

Belle qui tiens ma vie captive dans tes yeux…
viens tôt me secourir ou me faudra mourir.

télécharger le fichier:

https://drive.google.com/file/d/1HLlPi-jIFphRw9xdVfmsvFcR6EdMshbw/view?usp=sharing

Paroles:

Belle qui tiens ma vie
Captive dans tes yeulx,
Qui m’as l’ame ravie
D’un soubz-ris gracieux,
Viens tost me secourir
Ou me fauldra mourir.

Pourquoy fuis tu mignarde
Si je suis pres de toy,
Quand tes yeulx je regarde
Je me perds dedans moy
Car tes perfections
Changent mes actions.

Tes beautéz & ta grace
Et tes divins propos,
Ont eschauffé la glace
Qui me geloit les os,
Et ont remply mon cœur
D’une amoureuse ardeur.

Mon ame souloit estre
Libre de passions,
Mais amour s’est faict maistre
De mes affections,
Et a mis soubs sa loy
Et mon cœur & ma foy.

Approche donc ma belle
Approche toy mon bien,
Ne me sois plus rebelle
Puis que mon cœur est tien,
Pour mon mal appaiser,
Donne moy un baiser.

Je meurs mon Angelette
Je meurs en te baisant,
Ta bouche tant doucette
Va mon bien ravissant
À ce coup mes espritz
Sont tous d’amour espris.

Plustost on verra l’Onde
Contre mont reculer
Et plustost l’œil du monde
Cessera de brusler,
Que l’amour qui m’époinct
Decroisse d’un seul poinct.


SCHUMANN – Einsame blumen – Fleurs solitaires

Einsame Blumen — Fleurs solitaires
Robert Schumann, Waldszenen op. 82 n° 3

Au cœur des Scènes de la forêt (que Schumann compose en 1848,)  apparait ce moment suspendu : Einsame Blumen, les fleurs solitaires.  Loin de l’éclat des jardins cultivés, ces « fleurs solitaires » évoquent une beauté modeste, secrète et profondément poétique, comme si l’on découvrirait au détour d’un sentier quelques fleurs oubliées de tous, nichées dans la pénombre des sous-bois. La mélodie, tendre et chantante, se déploie avec douceur au-dessus d’un accompagnement délicat, créant une atmosphère de calme, de contemplation et de rêverie.

 

La Forêt François-René de Chateaubriand

Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !

Prestiges de mon cœur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.

Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !

SCHUMANN – Die lotosblume – la fleur de lotus

C’est l’un des plus beaux lieder romantiques allemands : très simple en apparence, mais chargé de tendresse et de désir retenu.

Ce poème est souvent interprété comme une allégorie de l’amour secret. Schumann l’aurait choisi à l’époque où il aimait passionnément Clara Schumann malgré l’opposition de son père : le lotus représenterait Clara, le soleil l’autorité paternelle, et la lune Schumann lui-même.

Le texte est un poème de Heinrich Heine, mis en musique par Robert Schumann dans le cycle Myrthen, Op. 25.

Traduction française (sens du poème)

La fleur de lotus craint l’éclat du soleil.
La tête inclinée, elle attend dans un rêve l’arrivée de la nuit.

La lune est son bien-aimé.
Elle l’éveille de sa lumière, et la fleur lui dévoile doucement son visage pur.

Alors elle s’épanouit, rayonne et resplendit.
Elle regarde silencieusement vers le ciel, embaumant l’air, frémissante et presque en larmes sous l’effet de l’amour et de ses douleurs.

Une traduction poétique

La fleur de lotus redoute
La splendeur ardente du jour ;
La tête penchée, elle écoute
Venir la nuit avec amour.

La lune est son tendre amant ;
De sa clarté il la réveille,
Et la fleur lui montre doucement
Son visage que nul autre ne voit.

Alors elle s’ouvre et rayonne,
Silencieuse sous les cieux ;
Elle embaume, pleure et frissonne
D’amour et de son douloureux feu.

COSTELEY – Mignonne allons voir si la rose

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Costeley

Titre : Mignonne, allons voir si la rose
Poète : Pierre de Ronsard (1524-1585)
Recueil : Les Odes (1550-1552).

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

AVIDAN – The ball

Une musique qui m’a touchée : “The Ball” d’Asaf Avidan

En regardant récemment le programme libre pendant les jeux Olympiques 2026 du patineur Ilia Malinin, j’ai été impressionnée par sa prestation et la musique a attiré aussi mon attention car elle est jouée au violoncelle.

En faisant quelques recherches, j’ai découvert qu’il s’agissait de “The Ball”, une musique composée par Asaf Avidan pour le film Le Bal des folles de Mélanie Laurent

Ne trouvant aucune partition disponible, j’ai décidé de la transcrire moi-même pour pouvoir la jouer et la partager.

 

La musique du programme libre “A Voice” d’Ilia Malinin (saison olympique 2025-2026) est un montage de plusieurs musiques instrumentales sur lesquelles on entend des phrases enregistrées par Ilia Malinin lui-même.  Le thème général est celui du dépassement de soi et de la transformation personnelle. ( “Embrace the storm” “The past is not a chain but a thread”).

Les principaux compositeurs/interprètes utilisés dans ce montage sont :

https://fb.watch/Fc5lpvRtax/

Pour en connaitre plus sur l’histoire du bal des folles:

BOURVIL Un oranger – Ballade Irlandaise

Paroles de la chanson Ballade Irlandaise –  (Un oranger) par BOURVIL

Un oranger sur le sol irlandais,
On ne le verra jamais.
Un jour de neige embaumé de lilas,
Jamais on ne le verra.
Qu’est ce que ça peut faire ?
Qu’est ce que ça peut faire ?

Tu dors auprès de moi,
Près de la rivière,
Où notre chaumière
Bat comme un cœur plein de joie.

Un oranger sur le sol irlandais,
On ne le verra jamais.
Mais dans mes bras, quelqu’un d’autre que toi,
Jamais on ne le verra.

Qu’est ce que ça peut faire ?
Qu’est ce que ça peut faire ?
Tu dors auprès de moi.
L’eau de la rivière,
Fleure la bruyère,
Et ton sommeil est à moi.

Un oranger sur le sol irlandais,
On ne le verra jamais.
Un jour de neige embaumé de lilas,
Jamais on ne le verra.
Qu’est ce que ça peut faire ?
Qu’est ce que ça peut faire ?

Toi mon enfant tu es là.

DUPARC – L’invitation au voyage

« L’Invitation au voyage » est l’un des poèmes les plus célèbres de Charles Baudelaire, tiré du recueil Les Fleurs du mal (1857). Il a inspiré plusieurs compositeurs, mais la version la plus connue est la mélodie d’Henri Duparc (1870), considérée comme un chef-d’œuvre du genre.

Henri Duparc compose cette mélodie à 22 ans. Elle deviendra la plus célèbre mise en musique du poème. Il ne met en musique que la première et la troisième strophe.

Il y a une fusion très intime entre le texte et la musique. Fauré disait même que la musique de Duparc exprimait parfaitement l’esprit de la phrase: « Là, tout n’est qu’ordre et beauté… ».

Mon enfant, ma sœur Songe à la douceur D’aller là-bas vivre ensemble ! Aimer à loisir Aimer et mourir Au pays qui te ressemble ! Les soleils mouillés De ces ciels brouillés Pour mon esprit ont les charmes Si mystérieux De tes traîtres yeux Brillant à travers leurs larmes Là, tout n’est qu’ordre et beauté Luxe, calme et volupté Des meubles luisants Polis par les ans Décoreraient notre chambre ; Les plus rares fleurs Mêlant leurs odeurs Aux vagues senteurs de l’ambre Les riches plafonds Les miroirs profonds La splendeur orientale Tout y parlerait À l’âme en secret Sa douce langue natale Là, tout n’est qu’ordre et beauté Luxe, calme et volupté Vois sur ces canaux Dormir ces vaisseaux Dont l’humeur est vagabonde ; C’est pour assouvir Ton moindre désir Qu’ils viennent du bout du monde – Les soleils couchants Revêtent les champs Les canaux, la ville entière D’hyacinthe et d’or ; Le monde s’endort Dans une chaude lumière Là, tout n’est qu’ordre et beauté Luxe, calme et volupté