PASSEREAU – il est bel et bon

Pierre PassereauIl est bel et bon (1534)

On ne sait presque rien de Pierre Passereau. Il aurait été prêtre à Paris, puis ténor dans la chapelle du duc d’Angoulême — le futur François Ier. Avec Clément Janequin, il était l’un des compositeurs de Paris les plus populaires vers 1530.

Il est bel et bon, publié en 1534, est son œuvre la plus connue. Le sujet ? Deux commères qui bavardent et se vantent l’une à l’autre d’avoir un bon mari — un mari si doux qu’il s’occupe de la maison et donne à manger aux poules pendant qu’elles prennent leurs plaisirs. Avec en prime les poules qui caquettent : co co co co, petite coquette !

Écrite dans le style de Janequin, cette chanson parisienne l’a rendu célèbre en son temps jusqu’à Venise. C’est une véritable synthèse des techniques d’écriture de l’époque : onomatopées, imitations de cris d’animaux, babillage des voix qui se répondent et s’entrelacent. Preuve de sa popularité, Rabelais lui-même cite Passereau dans le Quart Livre.

Refrain
Il est bel et bon, bon bon bon,
Commère, mon mary,
Il est bel et bon bon bon bon bon,
Commère.

Couplet 1
Il estoit deux femmes toutes d’ung pays,
Disanst l’une à l’aultre : « Avez bon mary ? »

Couplet 2
Il ne me courrousse, ne me bat aussy,
Il faict le mesnaige, il donne aux poulailles,
Et je prens mes plaisirs.
Commère, c’est pour rire
Quand les poulailles crient :
Petite coquette, petite coquette,
Co co co co, co co co co dac,
Qu’esse-cy ?


En français d’aujourd’hui :

Il est beau et gentil, mon mari, commère !

Il était deux femmes du même pays,
Disant l’une à l’autre : « Avez-vous un bon mari ? »

Il ne se met pas en colère, ne me bat pas non plus,
Il fait le ménage, il donne à manger aux poules,
Et moi je prends mes plaisirs.
Commère, c’est à mourir de rire
Quand les poules crient :
Petite coquette ! co co co co dac,
Qu’est-ce donc

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