Einsame Blumen — Fleurs solitaires
Robert Schumann, Waldszenen op. 82 n° 3
Au cœur des Scènes de la forêt (que Schumann compose en 1848,) apparait ce moment suspendu : Einsame Blumen, les fleurs solitaires. Loin de l’éclat des jardins cultivés, ces « fleurs solitaires » évoquent une beauté modeste, secrète et profondément poétique, comme si l’on découvrirait au détour d’un sentier quelques fleurs oubliées de tous, nichées dans la pénombre des sous-bois. La mélodie, tendre et chantante, se déploie avec douceur au-dessus d’un accompagnement délicat, créant une atmosphère de calme, de contemplation et de rêverie.
La Forêt François-René de Chateaubriand
Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !
Prestiges de mon cœur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !